samedi, juillet 22, 2006
vendredi, juillet 14, 2006
Un p'tit boulet en mission
Un gros bisous ma petite Maria, je t'attends à l'Aéroport !
Ciao, ciao, à tous et faîtes trembler le sol du festoyement de la prise de la Bastille. sachez qu'ici, les enfants apprenent la Marseillaise et l'histoire de la liberté, égalité, fraternité !
vendredi, juillet 07, 2006
Je relance de 10,... sterpute endémique ! Ça passe... !
Des pirates...
Sinon je me suis pété une deuxième dent ce matin-si, ça se voit, contrairement à ce que disent certaines personnes- et mon super pti reuf a eu son bac et ça c'est ultra top.
jeudi, juin 29, 2006
Arrestation par la Marine Bolivienne,... oui c'est possible !
Maria (je perds définitivement l’habitude d’écrire ce nom si long qui ne peut sortir de la bouche des boliviens,...) choisira une autre « route » qu’elle vous racontera mieux que moi, pour ce dernier week-end dans les parrages de notre ville d’adoption. Nous : Le pancho, Claire et mon humble personne avions choisi la Isla del Sol, Copacabana et le lac Titicaca (ce nom qui fait rire les enfants en blouses grises sur les bancs de l’école), hautement symbolique, autant en souvenirs pour moi que la mer pour les Boliviens, c’est pour dire ! Séparation le samedi matin de bonne heure, soit environ 3H00 après le réveil matinale annoncé la veille. Il faut dire que la semaine avait été chargée entre le premier de l’an 5514 Aymara à Tihuanacu avec Evo Morlaes, veiller jusqu’à 7H00 du matin le Wiphala à la main pour espérer recevoir le soleil du solciste d’hiver dans l’autre main ! (plutôt que de pousser le roman, je préfère vous inviter à chercher par vous même la signification de tous les termes bizarres qui se sont glissés dans la phrase...), l’arrivée de la Javiera (réf : Carnaval d’Oruro pour ceux qui suivent....), la visite au squat féministe anarchiste de la Paz : Les Mujeres Creandos et soirées dansantes Morenada dans une peña locale !
Nous arriverons donc bien après le départ du dernier bâteau en partance pour la fameuse île, berceau des mythes Incas. Errant sur la « plage » de Copacabana, notre négociateur en train de marchander les privés pour nous rendre sur l’île, je tombe sur un petit Kayak fort sympathique,... et c’est possible de,.... Oui,.... Banco !!! Le rendez-vous est pris, c’est donc écologiquement et à la force des bras que nous nous rendrons sur l’île natale de Manco Kapak.
À 7H00 les marins d’eau douce sont sur le pont, prêts à sortir en même temps que le soleil très hivernal qui dévoile petit à petit ce lac géant. Tout excités nous nous élançons à l’asaut des creux inexistants des vagues absentes de ce farouche lac aux eaux paisibles. Nous sommes alors interrompus dans notre élan par des cris provenant d’une petite cabane en béton à l’extrémité du port de Copacabana qui abrite : L’Armada Bolivienne !
Il semble que nous ne sommes pas autorisés à effectuer la traversée en Kayak ! Est-ce au cas où on souhaiterait se rendre au Pérou en fraude, que l’on espionnerait les mouvements tactiques de la marine Bolivienne en manoeuvre sur le lac,... les raisons sont obscures, on fait mine de ne pas entendre, de toute façon ils ont même pas de bâteau pour nous ratraper alors le temps qu’ils débloquent les fonds nécessaires pour louer un pédalo on se dit que l’on sera déjà loin,... Mais non le Sergent sort et nous ordonne de revenir, on s’exécute sagement,... On sait pas trop ce que l’on nous veut, François qui redoute de rien essaye même de proposer de l’argent, mais finalement nous apprenons le fin mot de l’histoire : 2 anglais se sont perdus sur le Lac !
Bon on veut bien croire que le Lac est grand mais bonjour la réputation des descendants de Sir Drake, James Cook et la Marine Royale ! Bon le propriétaire et le Sergent finisse par tomber sur un accord obscur mais on peut enfin reprendre nos galères !
Après 3H30 de rame, ah oui en fait c’est pas tout près, c’est trompeur les distances sur l’eau. Enfin au moins on profite, on est libre de faire le tour des ruines sans être presser par un guide qui cherche à faire passer un maximum de touristes dans sa journée. Et quand on se pose pour une franchouillardise : pain, fromage, verre de vin,... on regarde passer ces gros bâteaux où les touristes se donnent le tour sur le toit pour prendre les photos, on agite la main en savourant notre aventure. 13H30 on arrive enfin sur l’Île, salués par tous nos fans qui nous ont doublé, manquant de nous renverser, et on retrouve nos amis français rencontrés la veille qui nous avait commandé une célèbre truite (c’est pas tous les jours que l’on mange du poisson ici ! Et on est pas obligé de le manger frit ! Ça c’est rare...) pour nous récompenser de nos efforts ! Sympa !
On va poser les Kayaks et planter la tente chez Don Thomas, ce sympathique Aymara qui sort toute les nuits veiller sur les Kayaks,.... bon,... de toute façon il peut pas se passer grand chose sur l’île ! On découvre l’état de la tente que nous avons échangé en guise de pourboire avec notre guide à Sorata,... celle-ci elle à fait la guerre,... enfin celle du Chaco,... changement de repère ! Bon on verra plus tard comment boucher les trous et faire rentrer 3 personnes avec les sacs dans une tente demie-2 places,... tiens oui ça fait une place pas plus ! Mais là le soleil est prêt à se coucher et on doit absolument monter sur la montagne culminante pour voir le bain du dieu soleil.
C’est tout simplement magnifique, le soleil sacré illlumie toute la journée son île natale. Puis plonge dans cette eau, qui l’a fait naître avec des larmes, avant de revêtir son immense robe de nuit brillante de mille étoiles. Étoiles sous lesquelles nous nous endormirons en comptant celles qui se décrochent dans une trainée ephémère.
Mais avant cette nuit à la fraîche étoile, sur plage des aventuriers nocturnes où échouent ceux qui n’ont pas l’envie de remonter à leur hôtel quand ils descendent pour mieux aprécier le couché de soleil (2004 souvenirs, souvenirs la chasseresse,....). Nous avons veillé longuement, accompagnés de 2 québécoise et de Nicolas, encore un science-po de Rennes et qui nous a reconnu grâce à notre Blog ! On lui fait un petit clin d’oeil, ça va le toucher lui qui imprime nos posts pour en tapisser son mur, il est incollable sur nos aventures et cite certains passages énormes du flim qui n’est pas sur le cyclisme ! Ne nous enflammons pas, mais une rencontre fortement sympathique qui se prolongera !
Cette veillée est l’occasion de faire notre offrande à la Pachamama, rue des sorcières à La Paz nous nous sommes équipés et avons appris à reproduire le rite d’offrande pour la Terre. Nous brûlerons donc sur notre petit brasero, mâchant la mamita coca, une assiette de papier contenant des bonbons, de l’encens, des pains de cires qui donnent une odeur,... particulière,... et la yapita c’est le jolie foetus de Lama séché superbement vêtu de son coton arco-iris,... Pour nous c’était plutôt symbolique, une façon aussi pour moi de faire mes aux revoirs à cette Terre et culture d’adoption : La Bolivie, dans toute sa splendeur et sa richesse.
Le lendemain nous flânerons en faisant le tour de l’île (11km de long et 8 de large,... on s’en rendra compte au retour seulement,...) entre village de pêcheurs et ruines Incas. Après les rues en herbe de San José de Uxchupiyumaperdudanslajungle, voici les rues en sable toutes aussi charmantes,... Par contre la truite se respecte et sait se faire attendre, nous avalerons donc les derniers kilomètres en courrant pour ne pas rater le bâteau pour les uns et rentrer avant la nuit pour les kayakistes,...
Malgrè un très beau score : 2H30 au lieu de 3H30, nous arriverons justement avec la nuit dans le port de Copacabana devant l’Armada du lac qui se contente de ne rien comprendre,...Heureusement qu’ils ne vont pas le récupérer tout de suite leur littoral, il y a encore des cours de piscine à prendre pour être au point ! Et non, nous ne sommes pas les Anglais que vous attendez depuis 6 jours !!!!! Nous, c’est les relous de la veille !
Bien sûr nous ratons le dernier bus pour La Paz, alors nous soulagerons nos muscles endoloris autour d’une bonne,.... Truite oh oui, c’est encore un militaire qui gagne une tringle à rideau, y’en à 3 qui suivent c’est intéressant hein !? (petite référence à celui qui nous a quitté alors que nous étions encore mort de rire,...enfin pour ceux qui étaient en âge de comprendre,...c’était il y a 20 ans....)!
Le matin départ mouvementé pour la Paz. Allez encore un petit effort, ce post est encore un long roman dont je despère un jour perdre l’habitude mais c’est aussi dans les derniers alors on s’accroche et on lit,.... Nous faisons encore face à la redoutable « organisation » bolivienne....
Première réservation dans un bus qui avorte puisque quand nous arrivons après notre petit dèj de ceviche de poisson cru, nos places sont déjà vendues. Bus suivant nous payons et chargeons nos sacs, laissant Claire à la garde nous allons rendre visite à la Vierge métisse responsable des nombreux pèlrinages qui firent la renommée de Copacabana (avant que de belles créatures ne fassent la réputation du tanga Brésilien sur une plage qu’on trouvait vachement plus accessible et finalement tout à fait semblable à celle qui borde le Lac Sacré,...). En arrivant 10 minutes avant le départ, c’est une Claire désabusée que nous retrouvons, les sacs à la main,... oui nos places ont de nouveau été vendues ! Mais on a récupéré nos sacs,... enfin pas tous, finalement il en manque un, nous sommes encore en négociation avec le syndicat pour récupérer notre couverture et le fromage ! La troisième est la bonne et nous arriverons juste à temps avec 2 jours de retard sur le planning mais asez tôt pour tenter de soutenir en vain l’Espagne,.... heu,...
Aujourd’hui tout seul sur La Paz, je donne mes derniers coups main aux tecnicos qui préparent 2 stages consécutifs à partir de lundi et auxquelles malheureusement nous ne pourrons participer car si nous nous préparons à faire nos adieux c’est bien parce que nous allons tout doucement sur le retour....
Ce soir j’erre dans les rues de La Paz pour m’impregner une dernière fois de cette ville qui est devenue mienne. Sans me presser je commence mon sac et j’envisage, un noeud dans la gorge, les adieux de demain à tous mes compañeros de celdas.... une page se tourne...
Haut les coeurs, les aventuriers ne sont pas encore au bout de leurs peines,... la Varig est en pleine faillite, si ça se trouve on est encore bloqué pour quelques mois ! On vous promet encore quelques avenutres avant de vous retrouver, vous qui nous avez suivi et soutenu depuis le début !
Ciao, Ciao ! C’était encore un long « roman » de banban-bébé-lama qui va bientôt mettre des images pour illustrer ses propos et permettre aux plus fainéants de regarder les images no mas ! Maria, à vous les studios !
mercredi, juin 21, 2006
Ca va être tout noir
Se sont joints à nous pour cette expédition la Clara et Glik-Glok, voici nos jolis portraits où on est pas tous au mieux...
La Clara, que le vilain méchant mal de l'altitude à parfois empêché de monter...
Glik-Glok, transformation en cholito bolivien en phase terminale
Alban...
Bé fais pas cette tête, c'était une blague, mais tu les aimes tellement ces ptites bêtes poilues.
Et pour compléter cette troupe, me voici.
Mercredi soir, grand départ, où comme d'habitude on fait preuve d'une organisation effrayante et on réussit à être prêts à partir à 20h, soit 2 h après le dernier bus pour Sorata... donc retour à la case oficina, avec pour se consoler, du bon pain, du fromage et quelques bouteilles de vin. Le vrai départ se fera le lendemain matin, à 4h, après une courte nuit où on a appris par coeur les répliques "cultes" du film Rrrrrrrr!!! et qu'on ressortira à toutes les sauces pendant le trek.
A peine arrivés à Sorata Paradise qu'on tombe sur Pablo et Frédé, respectivement guide de montagne et sa mule gloutonne, qui se proposent de nous emmener sur le chemin des trois lagunes qui entourent Sorata. Bé banco Giselle, nous voilà repartis pour 4 jours, crevés comme à chaque fois que le Glik-Glok est dans les parages, mais tout contents de renouer avec les joies des sacs-à-dos et du camping...
La première journée nous fait grimper à 2600 m, on traverse de superbes paysages et on arrive en milieu d'aprèm sur une grande esplanade d'herbe fraîche où on pourra commater quelques heures avant d'entamer des parties de cartes enflammées que je gagnerai haut la main...euh??
Le lendemain, après une nuit étrange où on a tous rêvé qu'on préparait de la potion magique-l'altitude je vous jure...- nous montons à 4200m jusqu'à la lagune Chilata, toute verte et embrumée,
Le barbu, Glik-Glok-Jean Moulin et la minus devant la lagune Glaciar, qui viennent de savourer un bon verre de vin...froid et en brique.
Pendant la descente, concours de gamelles- attention, est comptabilisée comme vautre toute perte d'équilibre entraînant la pose de trois appuis au sol- que je remporte largement. Apparemment, on avait parié les pizzas du dimanche soir...mouais...
Après une nuit glaciale et fort inconfortable, du point de vue de la dureté inouïe du sol, nous partons de bon matin pour l'Ouest, vers la lagune Illampu, avec cette aujourd'hui, que du "plat", d'après Pablo...tu valides Claire???
Ah, le rhume de Glen ne s'arrange pas, alors il s'est mis des feuilles d'eucalyptus dans le nez pour que ça passe...
Waouhhh! Au dessus des nuages....
Malheureusement la Clara n'a pas pu monter à la lagune Illampu, une heure de pure ascension après l'arrivée au campement de la troisième nuit et n'a pas pu profiter des ronflements mélodieux d'Alban, en face de la lagune...
Troisième nuit relativement similaire à la précédente, il y a de la glace dans le tente et le sol est toujours aussi dur avec nos dos. On entame le dernier jour de descente vers Sorata de très bonne humeur, c'est la fête des papas ce dimanche, et aujourd'hui les notres s'appellent tous Pierre...La vue est magnifique, il fait beau et chaud...
...c'est donc normal que l'on soit content et qu'on ait l'air complètement ahuri...( on savait pas encore qu'on allait se prendre un but à la 81ème minute par les coréens, au passage ça n'est pas ma faute)
Casi arrivés, petite pause très très loin de tout...
Le dimanche après midi, après 4 jours de pureté, retour à la débauche: télé, foot, bière et clopes, on reste à Sorata pour regarder LE match et ...vous connaissez la suite. Petit apéro-resto en bons touristes, nuit génialissime dans un vrai lit et où il fait juste bon et le lendemain, retour à La Paz city, parce qu'il faut bien... Adieux déchirants avec Glik-Glok, ptete à bientôt à Santa Cruz, on reste tous les trois Claire, Alban et moi, à rêver de piscines de jus de pamplemousse, de vie simple et tranquille d'ermite à faire sécher des chuños dans la vallée de l'Illampu ou de notre prochain voyage... juste pour prolonger encore et encore ce joli rêve éphémère que l'on vit tout éveillés et que l'on souhaiterait éternel...
samedi, juin 10, 2006
Un Week end dans un pays Riche
Direction Uyuni ! De petit matin arrivés à Oruro, on descend les premiers dans le train, bonne étoile qui nous suivera tout ce week end, nous achetons les 2 dernières places économiques dans ce célèbre train, 8 heures de rails vers Uyuni en commençant par traverser une réserve d’eau naturelle dans laquelle « paissent » de jolies flamands roses. Petite nuit à Uyuni et on se lève tampranito pour aller se faire un tour des nombreuses agences qui proposent :...la même chose ! On en retient une qui nous paraît sympathique départ le jour même pour 3 jours de jeep in the Sud Lipez.
La première journée est consacrée au Salar, la plus grand étendue plane au monde et site vraiment éblouissant, c’est le cas de le dire. Visite des coopératives de sels, Colchani, seul village habilité à l’exploitation du sel, environ 8 familles qui se brûleront les mains et les yeux toute la journée pour vendre €.0,80 leurs 50 kilos de sels. Déjeuner sur l’île du « poisson qui se mange » à l’ombre de cactus géants et on fait connaissance avec nos 5 anglophones qui partagent notre jeep et à qui je servirais d’interprète durant tout le tour. Après une nuit bien fraîche, on continue notre route dans le désert parsemé de quelques magnifiques lagunes où se rassemblent renards, flamands roses, vigognes dans un climat,.. brrr,... glacial. Encore un peu de jeep dans le désert de Siloli, ça change de treks de 8 jours de marche avec sacs à dos, halte devant un volcan en activité avant de s’arrêter pour de bon à la laguna colorada. Devant le somptueux spectacle de cette eau rougie par une micro-algue dont se régale nos flamands les pieds dans une eau dont je ne veux même pas imaginer la température, nous nous offrirons l’apéritif en compagnie de nos amis qui n’avaient pas souvenir d’avoir déjà vu la vapeur d’eau sortir de leur bouche (Faut dire en Australie, on atteint rarement ces températures !) puis après le dîner pris avec 4 épaisseurs sur les épaules direction le lit pour una nochititita (les boliviens rajoutent de « ti » pour exprimer l’éxagération,...ce sera une nuit très très très courte quoi !).
Effectivement levé à 5H00 du matin et départ dans la foulée on prendera le petit dèj’ plus tard. Après 2 heures de route le moteur du 4x4, couvert d’une épaisse couverture d’Alpaca, n’a toujours pas chauffé et nous n’avons toujours pas réussi à réchauffer la voiture. Miguel notre guide conduit à l’aveugle, pare-brise gelé, nuit noire mais c’est plat y a pas trop de dangers ! Nous atterissons alors juste au moment du levé du soleil dans un décor lunaire, on a du mal à quitter défénitivement la nuit finalement. Des cratères, des fuméroles, de la boue en ébulition et le sol de couleurs souffre, gris, rouge, nous transportent un instant sur une autre planète, un instant parce que le froid fait vite rentrer tout le monde dans la jeep. La route continue à travers cette étrange planète et ses roches complètement loufoques avant d’aboutir à la laguna verde, couleur cuivre oxydé dont elle regorge et réflétant un de ces volcans qui jalonnent la frontière avec le Chili. Nous prendrons ici notre dernière photo de couple avant que l’appareil, repu de ces belles images, refuse de prendre autre chose qui nuirait aux prestiges des clichés précédents. 8 heures de 4x4 à travers le désert, sur ce long chemin retour on observera la course du soleil et sa palette de couleurs, jouant aux devinettes en anglais avant de retrouver cette petite bourgade d’Uyuni où nous attend notre bus pour Potosi.
Potosi comme un pélerinage...Autrefois cette gigantesque montagne, le Cerro Rico pleurait des larmes d’argent, à la sueur, au sang et sans doutes aux larmes des indiens Quechuas pour qui ce métal n’avait rien de comparable à cette feuille ancestrale que leur refusait les missionaires omnibulés par leur civilisation de ces « sauvages » vouant un culte à leur très chère Pachamama. Il devenait alors plus lucratif de commercialiser la coca que l’or dans ces mines « inépuisables ». Puis enfin on a reconnu que ces indiens avaient des âmes, il aurait été donc inconvenable d’exploiter nos prochains, nous sommes alors allés puiser dans notre réserve « d’animaux à tout faire » : les esclaves noirs d’afrique... Avant de les exterminer par milliers dans ces mines étroites taillées par des petits indiens à 4000m d’altitude, ils laisseront leurs traces dans la musique : diablada, saya,...et aujourd’hui encore les masques de carnaval représentent ces visages noirs, les yeux exhorbités et tirant la langue inspirés du vécu de ces expatriés d’un autre monde où l’on vit sous le soleil au niveau de la mer. Les quelques survivants ont alors migré vers les Yungas terres propices à l’exploitation du café, des bananes, de la coca. C’est pourquoi il est possible d’observer dans ces régions des Cholitas avec leur chapeau, les tresses, les épaisseurs de robes et un visage...noir.
Potosi fut sans aucun doute une des villes les plus riches du monde quand elle était encore aux mains des conquistadors, c’est ici que fut frappée la monnaie espagnole au 18ème siecle et en même temps ces natifs ont vu, ont même participé contre leur gré à l’exode de ses richesses sans qu’un seul centime ne reste sur leur sol. Pirates et corsaires Français, Hollandais, Anglais de l’ancien et du nouveau monde se sont occupé, en attanquant les convois espagnols, de redistribuer cette fortune à tous ces pays que l’on nomme aujourd’hui : Pays Développés, G8, Pays Riches,... Et comble de l’histoire la Bolivie doit encore rembourser sa dette à ces pays...
Les mineurs, autrefois reconnus pour la dureté de leur travail, syndicat puissant et respecté dans tous le pays, sont encore 12 000 à travailler dans des conditions inimaginables et dans l’oubli de tous, dès la mort du père jusqu’à ce que l’amiante, la silice et autres poussières, la chaleur, le manque d’air, les accidents aient raison de leurs 50 ans d’espérance de vie.
Aujourd’hui, alors que les mines ne contiennent quasiment plus rien, Potosi est devenue patrimoine de l’humanité. Cette ville renait et si les larmes d’argent ne coulent plus depuis longtemps, la lumière vient de toutes ces maisons et églises de type coloniales qui nous ont éblouis par leurs couleurs châtoyantes, contrastées par la vivacité du levé de soleil de ce petit matin de notre arrivée. Ville étudiante par excellence, avec notamment cette école de rénovation et de restauration de monuments anciens, rassure pour l’avenir. Les coopérations avec les « nouveaux pays riches », dont l’Espagne en grande partie, font naître des projets à tous les coins de rue, comme pour réparer les mauvais souvenirs du passé.
L’étape suivante obligée fut donc Sucre, anciennement Chuquisaca pour les indiens, La Plata pour les espagnols qui s’installèrent ici, près de la mine lui donnant son nom d’argent et enfin Sucre, nom du général qui accompagna Simon dans son rêve de pays prestigieux et libre. L’hommage de cette nation naissante à son créateur fut de donner son nom de libérateur à cette République : Bolivar. Qui donna Bolivie, république indépendante depuis le 6 Août 1825. Sucre qui est bien la capitale constitutionnelle, et qui fait donc la une des journaux dans cette période de nouvelle constitution, et non La Paz, capitale exécutive et legislative. Son petit surnom : La ville Blanche et elle le porte bien ! Les lunettes de soleil sont de mise pour apprécier ces magnifiques bâtisses coloniales d’une pure blancheur, c’est un vrai plaisir de se promener dans ces ruelles et ces places arbolées dans une ambiance chaleureuse qui donne des envies de barbeuc. Climat qui contraste avec le froid hivernal de l’Altiplano qui règne depuis peu sur La Paz. Nous avons donc consacré notre journée entre flâner dans cette ville et à visiter le fantastique musée du textile. Né d’une coopérative qui s’efforce de faire perdurer l’art et le savoir-faire de ces artistes, la plus grande partie des bénéfices vont aux artisans qui mettent 2 à 3 mois pour effectuer une pièce de 30cmx40cm, on salue au passage donc cette formidable initiative ASUR - asur@asur.org.bo - qui recherche aujourd’hui des relais et points de vente respectant cet esprit, à l’étranger... c’est une annonce ! On vous invite grandement à visiter ce site pour avoir un aperçu de ces travaux des peuples Jalq’a et Tarabucos dont la culture était en train de se faire dévorer par l’exode rural et la Nike-fashion-world-attitude.
Aujourd’hui de nouveau à La Paz, nos critères de beauté viennent à jamais d‘être élargis et c’est l’esprit illuminé que nous retroussons nos manches pour soutenir, avec toujours autant d’enthousiasme, les chicos dans leurs missions fours solaires !
vendredi, juin 09, 2006
Chères lectrices, chers lecteurs,
En attendant, n'oubliez pas: allez les Bleus, ça va être plus dur sans Dgibril, mais on y croit quand même...ou pas.






















